Tour de France: pour les Français, à quand le feu d'artifice?
Alors que le 14-Juillet se profile mardi dans les monts du Cantal, les Français n'ont pas encore été à la fête après neuf étapes du Tour de France, et les meilleures chances tricolores devront viser juste pour espérer lever les bras.
"C'est le jour de la Fête nationale, c'est hyper important pour nous, Français (...), et forcément, ils ont fait encore une étape parfaite pour les échappés, pour aller devant le 14-Juillet", sourit Warren Barguil, qui reste, à 34 ans, le dernier représentant bleu à avoir gagné ce jour-là, c'était à Foix, en 2017.
La France attend donc son successeur lors d'une étape entre Aurillac et Le Lioran, mardi, où les grimpeurs français auront peut-être une occasion de scorer.
. Lenny Martinez face à un dilemme
Le jeune coureur de Bahrain-Victorious avait clairement fixé son objectif avant le Grand Départ: le maillot à pois. Mais, après neuf étapes, Martinez pointe à la 8e place du général, à 4:21 de Pogacar, et paraît un peu trop bien classé pour obtenir un bon de sortie. Le parcours paraît pourtant taillé pour ses qualités de grimpeur à l'aise dans les ascensions moyennes et doté d'une bonne pointe de vitesse. Souvent placé, capable de suivre les meilleurs et sans avoir connu jusque-là le jour sans qui le pénalise habituellement, Martinez devra la jouer fine pour s'imposer... à condition qu'il ne change pas d'objectif pour tenter de conserver sa place au général.
. Seixas face à l'inconnu
A partir de mardi, tout sera nouveau pour Paul Seixas, le prodige attendu du vélo français. Pour son premier Tour, le Lyonnais de 19 ans a montré qu'il pouvait tenir le choc face aux prétendants au podium et il est sixième, à 28 secondes du troisième, Isaac Del Toro. Sur la route du Lioran, le vainqueur de la Flèche Wallonne au début du printemps devrait continuer à ferrailler pour le général, ce qui devrait limiter ses chances de victoire finale. D'autant que la prudence est de mise pour un coureur qui "entre dans une nouvelle ère", selon son directeur sportif Julien Jurdie, dans la mesure où il n'a jamais dépassé les huit jours de course. "Il n'a que 19 ans, on va découvrir un nouveau monde avec lui, on va l'aider, tout se passe bien", rassure Jurdie, avant une deuxième partie très montagneuse.
. "VPP", le souvenir du Ventoux
Valentin Paret-Peintre a de quoi incarner les espoirs français pour aller chercher une victoire d'étape: il avait été le seul à repartir du Tour 2025 avec un bouquet. Le grimpeur de Soudal-Quick Step avait remporté un succès de prestige au sommet du Ventoux, évitant aux Bleus de finir fanny. Concentré sur la bataille pour le maillot à pois, il devrait toutefois être plus à l'aise lors des étapes de très haute montagne, où son poids plume l'avantage.
. Jordan Jégat, toujours là
Jordan Jégat avait surpris son monde l'année dernière en allant chercher au bout de l'effort une belle 10e place au classement général. Deuxième meilleur Français derrière Kévin Vauquelin, il avait fait parler une régularité remarquable, parvenant à tenir les roues des favoris. Dix-septième du général, il compte 10:56 de retard sur Pogacar ce qui pourrait lui donner le droit de s'immiscer dans des échappées et de viser une deuxième victoire chez les pros à 27 ans.
. Grégoire, Alaphilippe et les autres
Qui de mieux que le champion de France pour briller un 14-Juillet? En bleu-blanc-rouge, Romain Grégoire rêve de succéder à Raymond Delisle, dernier champion national vainqueur pour la Fête nationale, en 1969. Face à "la réalité du terrain" d'une étape "destinée aux purs grimpeurs", Grégoire dit "se mettre en tête de faire une belle étape". Même s'il constate que, "comme chaque année, il n'y a que des superstars capables de s'imposer" sur le Tour. Julian Alaphilippe montre lui des velléités offensives mais il est trop juste physiquement pour rivaliser avec le gratin du peloton. Parmi les autres prétendants français, Alex Baudin, quatrième à Ussel dimanche, ou Kévin Vauquelin, pour l'instant éloigné du niveau qui lui avait permis de terminer 7e en 2025, peuvent tirer leur épingle du jeu.
R.Braun--FFMTZ