Frankfurter Tageszeitung - Pauline Ferrand-Prévot: "je n'aime pas courir mais j'aime gagner"

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Pauline Ferrand-Prévot: "je n'aime pas courir mais j'aime gagner"
Pauline Ferrand-Prévot: "je n'aime pas courir mais j'aime gagner" / Photo: Jose Jordan - AFP

Pauline Ferrand-Prévot: "je n'aime pas courir mais j'aime gagner"

"Je me suis rendue compte que je n'aimais pas forcément courir. Mais j'aime gagner": Pauline Ferrand-Prévot a recentré ses objectifs 2026 sur le Tour de France et quelques grandes classiques comme Liège-Bastogne-Liège, mais pas Paris-Roubaix, avec l'ambition de triompher partout où elle s'aligne.

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Revigorée après un hiver où elle a pu s'accorder une longue pause, la Française de 33 ans était avec Jonas Vingeggard et Wout Van Aert la principale attraction de la journée médias de l'équipe Visma-Lease a bike mardi à La Nucia, enchaînant les interviews sous le soleil éclatant de la Costa Blanca espagnole.

En un an, au fil d'un retour magistral sur la route, la championne olympique de VTT est devenue une star globale du cyclisme et du sport français après sa victoire enthousiasmante sur le Tour de France. La dernière étape dans les Alpes a enregistré un pic de 7,7 millions de téléspectateurs, deuxième meilleure audience de l'année sur la Grande Boucle, hommes et femmes confondus.

"C'était incroyable, se remémore-t-elle dans un entretien à l'AFP-TV. J'ai été vraiment surprise par cet engouement. C'était un stade au-dessus des JO (de Paris 2024) alors que je ne pensais pas. J'adore partager avec les gens. Mais au bout d'un moment, ça prend énormément d'énergie. Tout de suite après le Tour je me suis dit que je n'étais pas prête à revivre toute cette préparation."

Cet hiver, elle n'a ainsi "rien fait du tout", le temps de passer sur le billard et faire nettoyer sa cheville gauche, couper avec le monde du cyclisme et changer de numéro de téléphone.

- "Envie de gagner plus" -

"Ca m'a permis de bien récupérer physiquement et mentalement, faire autre chose, voir ma famille, lire des livres et déconnecter un peu de toute cette ferveur publique. Là je me sens prête pour repartir de plus belle et d'essayer d'aller gagner une seconde fois le Tour de France."

Ce sera évidemment le principal objectif de sa saison 2026 qu'elle préparera en disputant le Tour d'Espagne (3-10 mai) où elle visera d'abord des victoires d'étape.

Mais auparavant, elle aura "un premier bloc" de quatre classiques - Strade Bianche (7 mars), Tour des Flandres (5 avril), Flèche Wallonne (22 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26 avril) – où elle visera à chaque fois la victoire, tout comme lors des Championnats du monde en septembre.

"J'ai envie de gagner plus. L'année dernière j'ai été super bien pour le Tour et j'ai l'impression que je peux avoir cet état de forme aussi sur les classiques. J'ai toujours eu du mal à être consistante. L'objectif est d'avoir trois pics de forme pendant la saison."

- Impasse sur Paris-Roubaix -

Cela l'a conduit à renoncer à Paris-Roubaix qu'elle avait remporté à la surprise générale l'an dernier. "Si je veux être bien pour Liège notamment, il faut que je fasse un +full bloc+ en altitude et c'est pour ça qu'on fait l'impasse sur Paris-Roubaix."

Plus que jamais, elle veut cibler ses objectifs.

"Je me suis rendu compte que je n'aimais pas forcément courir. Mais j'aime gagner. Il a fallu trouver un compromis entre les deux qui du coup consiste à s'aligner sur des grandes courses pour les gagner. Je ne trouve pas de motivation à faire des plus petites courses. En revanche, je prends beaucoup de plaisir à préparer mes objectifs pour être la meilleure le jour J. C'est même ce que je préfère dans mon métier", insiste-t-elle.

Pour préparer le dernier Tour de France et son week-end final dans les Alpes, elle s'était ainsi astreinte à une cure de minceur qui a fait beaucoup jaser dans le peloton féminin.

"Sur le moment, je n'ai pas réalisé. Après, j'étais surtout triste pour mes parents que ça a beaucoup touché. Moi, j'ai juste fait comme d'habitude, ça fait dix ans que je le fais pour atteindre mes objectifs. Pour grimper la Madeleine, il fallait être légère. C’était dommage qu'on ne retienne que ça et qu'on explique ma victoire par mon poids, sans parler de toute la préparation autour."

Fera-t-elle pareil en 2026 ? "Oui, sinon je ne ferais pas bien mon métier."

W.Albrecht--FFMTZ