Canicule au travail: la CGT veut un changement d'urgence de la loi, le gouvernement des accords par métier
La responsable de la CGT Sophie Binet a réclamé vendredi un changement d'urgence de la loi pour davantage protéger ceux qui travaillent sous de fortes chaleurs, tandis que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou espère des accords d'entreprise avant les canicules de 2027.
"La loi n'est pas suffisante, il faut la renforcer d'urgence, ce n'est pas possible d'attendre l'automne pour faire ça", a déclaré la secrétaire générale de la CGT, interrogée sur franceinfo.
Mais pour le ministre du Travail, "l'idée est de mettre en place des accords d'entreprise". "Cela ne va pas être décrété depuis le niveau national", a estimé M. Farandou sur France Inter.
"Il y aura une partie cadrage national très très vite, cela peut durer un mois", a-t-il expliqué, puis "fin octobre, tout cela doit descendre dans les secteurs, parce qu'on voit bien qu'il y a une réalité de chacun des métiers, (...) j'espère qu'en quelques mois, les partenaires sociaux arriveront à se mettre d'accord".
"On aura des mesures avant la prochaine vague de canicule 2027", a-t-il assuré.
Un décret a renforcé en 2025 les obligations des entreprises avec l'établissement de plans de prévention en cas de fortes chaleurs et une gradation des mesures à prendre en fonction des seuils de vigilance de Météo-France, mais actuellement "la loi n'est pas du tout appliquée", a dénoncé Sophie Binet.
Le ministre du Travail s'est félicité, pour sa part, qu'il n'y ait "jamais eu autant de contrôles", avec en juin "plus de 3.600 contrôles" de l'inspection du travail, qui peut émettre des mises en demeure aux entreprises, qui ont alors huit jours pour mettre des mesures en place.
Mais "ces inspections ne peuvent pas déboucher sur des sanctions" immédiates, a critiqué la responsabilité de la CGT.
L'agence Santé publique France a chiffré vendredi à plus de 2.000 le nombre de décès supplémentaires en France lors de la semaine du 22 juin, sommet de la canicule exceptionnelle ayant frappé le pays, par rapport à la semaine précédente.
La CGT, qui de son côté recense au moins trois morts de travailleurs à cause de la canicule la semaine dernière, demande que soit également déterminé "le chiffre de la surmortalité au travail".
Jeudi, la CFDT avait demandé, par la voix de sa numéro un Marylise Léon, que l'Etat rende obligatoire la tenue de négociations sur la chaleur dans les entreprises, afin d'avoir "de vrais plans d'action négociés d'ici au printemps 2027".
I.Lang--FFMTZ