Les Houthis disent avoir ciblé un site d'Aramco à Ryad, après des raids saoudiens sur Sanaa
Les Houthis pro-iraniens ont affirmé avoir ciblé samedi un site du géant pétrolier Aramco à Ryad, d'où des flammes se sont élevées selon un journaliste de l'AFP, après avoir imputé à l'armée saoudienne 26 raids aériens sur Sanaa, la capitale yéménite qu'ils contrôlent.
Les hostilités entre les Houthis et l'Arabie saoudite, frontalière du Yémen, dont elle soutient le gouvernement internationalement reconnu, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir ciblé à deux reprises des installations du groupe pétrolier saoudien : le mois dernier dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août dans le sud de l'Arabie saoudite.
Les forces houthies "ont mené une opération militaire d'envergure, utilisant plusieurs missiles balistiques et drones pour viser Aramco dans la capitale de l'ennemi saoudien", a affirmé le porte-parole militaire du mouvement antigouvernemental, Yahya Saree.
Les frappes "précises et directes" ont provoqué "des incendies sur les sites visés", a-t-il ajouté.
Un journaliste de l'AFP avait auparavant vu des flammes et de la fumée s'élever d'une installation d'Aramco, au sud de la capitale du royaume.
Les autorités saoudiennes n'ont pas communiqué dans l'immédiat sur l'incendie.
La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis avait auparavant indiqué que des "avions ennemis" du royaume avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa - ciblée pour la première fois depuis des années jeudi, selon les Houthis -, sans fournir de détails sur d'éventuelles victimes.
Dans la capitale yéménite, un correspondant de l'AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de combat lancer des missiles.
Almasirah avait aussi fait état plus tôt d'attaques saoudiennes de missiles contre "le réseau de télécommunications dans la région de Saada", fief des Houthis dans le nord du Yémen.
- Crise "dévastatrice" -
Les combats au Yémen se sont intensifiés en septembre, avec une offensive éclair des Houthis. Ils se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, après avoir décrété un blocus de la flotte saoudienne.
Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures de l'autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l'Iran fin février après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.
La dernière offensive terrestre menée par les Houthis a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays.
La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir "absolument dévastatrice", a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.
Alors que les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas, le site d'information américain Axios, citant trois responsables américains, a fait état d'une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l'Iran et la situation au Yémen.
Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l'instant été infructueux.
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J.Hoffmann--FFMTZ