Frankfurter Tageszeitung - Explosions dans la DMZ : Séoul exige des excuses, Pyongyang nie toute implication

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Explosions dans la DMZ : Séoul exige des excuses, Pyongyang nie toute implication
Explosions dans la DMZ : Séoul exige des excuses, Pyongyang nie toute implication / Photo: ANTHONY WALLACE - AFP/Archives

Explosions dans la DMZ : Séoul exige des excuses, Pyongyang nie toute implication

La Corée du Sud a exigé mercredi des excuses de la Corée du Nord après que des explosions de mines ont blessé trois de ses soldats dans la zone tampon avec le Nord la semaine dernière, Pyongyang rejetant toute implication.

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Un officier sud-coréen a perdu un pied lors de cette explosion le 21 septembre, un des accidents les plus graves survenus depuis une dizaine d'années dans la Zone démilitarisée (DMZ) lourdement minée qui sépare les deux pays.

Le Commandement des Nations unies (UNC), une force internationale menée par les Etats-Unis et chargée de gérer côté sud l'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée (1950-1953) et instauré la DMZ, a pointé mercredi la responsabilité de la Corée du Nord.

L'enquête menée avec les autorités sud-coréennes a "identifié une mine antipersonnel active de la République populaire démocratique de Corée du côté sud-coréen de la ligne de démarcation militaire", a indiqué cette instance, qui a dénoncé "une violation de l'accord d'armistice".

- "Méprisable et sordide" -

L'armée sud-coréenne a exigé mercredi les excuses de la Corée du Nord, soulignant que celle-ci "doit immédiatement cesser les activités qui font monter la tension dans la Péninsule coréenne".

Kim Yo Jong, la puissante soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a toutefois rejeté toute responsabilité de Pyongyang, selon des propos rapportés mardi par la presse d'État, qualifiant l'accusation de Séoul de "méprisable et sordide".

Si la DMZ est officiellement démilitarisée, elle figure parmi les endroits les plus minés au monde et des explosions de mines ont déjà causé des frictions entre les deux Corées.

On estime que plus de 800.000 mines infestent cette zone-tampon de 4 km de large qui divise depuis 1953 la péninsule sur près de 250 km.

En l'absence de traité de paix, Séoul et Pyongyang sont techniquement toujours en guerre.

Mardi, le ministère de la Défense sud-coréen avait déjà indiqué avoir conclu après enquête que des mines nord-coréennes étaient "fortement suspectées" d'avoir causé les explosions du 21 septembre.

"Il s'agit d'une violation manifeste de l'accord d'armistice, et puisque la Corée du Nord en porte la responsabilité, nous prendrons les mesures qui s'imposent", a martelé le ministre de la Défense sud-coréen, Kang Shin-chul, lors d'une audition parlementaire.

Selon Kim Yo Jong, le Sud est "en train de concocter" de fausses accusations pour servir de prétexte à une provocation politique et militaire contre la Corée du Nord, a indiqué l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Après une période de détente ayant suivi la conclusion d'un accord militaire intercoréen en 2018, les relations entre les deux pays se sont à nouveau fortement dégradées depuis 2022.

Kim Jong Un, qui a renforcé sa coopération avec la Russie et multiplie les essais d'armements de plus en plus sophistiqués, a depuis rendu encore plus hermétique la frontière avec le Sud et qualifié celui-ci d'"ennemi principal" de son pays.

En 2015, deux soldats sud-coréens avaient été grièvement blessés par l'explosion d'une mine dans le côté sud de la DMZ, l'un d'eux perdant ses deux jambes. Séoul avait conclu que des troupes nord-coréennes avaient franchi la ligne de démarcation militaire pour poser les mines, une accusation que Pyongyang avait niée.

Cet incident avait poussé la Corée du Sud à reprendre les émissions de messages hostiles au régime de Pyongyang via des haut-parleurs le long de la frontière.

I.Lang--FFMTZ