Des drones abattus en Russie en pleine trêve unilatérale pour les commérations du 9-Mai
La Russie a annoncé vendredi matin avoir détruit plus de 250 drones ukrainiens depuis l'entrée en vigueur à minuit de sa trêve unilatérale de deux jours pour les commémorations du 9-Mai, auxquelles le président ukrainien Volodymyr Zelensky dissuade les alliés de Moscou d'assister.
La Russie a appelé la population et les diplomates à quitter Kiev pour éviter d'y subir d'éventuelles frappes russes de "représailles" si l'Ukraine venait à perturber l'anniversaire de la victoire de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie en 1945.
"Entre 00H00 et 07H00 heure de Moscou (21H00 et 04H00 GMT, ndlr), les moyens de la défense aérienne en service ont intercepté et détruit 264 (drones) ukrainiens", a écrit le ministère russe de la Défense dans un communiqué sur le réseau social Max.
Les engins ont été abattus dans une dizaine de régions, dont celle de la capitale russe, de même source.
L'entrée en vigueur de la trêve unilatérale russe avait commencé à 00H00 heure de Moscou.
Jeudi dans la soirée, Volodymyr Zelensky a déclaré que l'Ukraine avait "reçu des messages de certains Etats proches de la Russie, indiquant que leurs représentants prévoyaient de se rendre à Moscou", où se déroulera samedi un défilé militaire.
"Une étrange envie (...) par les temps qui courent. Nous ne le recommandons pas", a-t-il déclaré dans un allocution.
L'Ukraine avait fait une contre-proposition de trêve à compter de mercredi, qualifiant la démarche russe de mesure de propagande.
Les Russes "veulent de l'Ukraine un permis pour organiser leur défilé, afin de pouvoir sortir en toute sécurité sur la place (Rouge) pendant une heure, une fois par an, et ensuite reprendre leurs tueries", a ajouté le président ukrainien.
- Fébrilité à Moscou -
"Nous rappelons à la population civile de Kiev et au personnel des missions diplomatiques étrangères la nécessité de quitter la ville en temps voulu", avait écrit quelques minutes plus tôt le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
Jeudi, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, répondant à une question de l'AFP lors de son briefing à la presse, avait confirmé que la trêve décrétée par Moscou serait en vigueur vendredi et samedi, à partir de 00H00 heure de Moscou vendredi.
Mercredi, le ministère russe des Affaires étrangères avait exhorté les ambassades en Ukraine à évacuer leur personnel et leurs ressortissants en raison de l'"inévitabilité de frappes de représailles" si l'Ukraine cherchait à troubler samedi, notamment par une attaque de drones, le déroulement du défilé dans la capitale russe.
"Les dernières menaces de Moscou de frapper le cœur de Kiev et l'avertissement aux missions diplomatiques de quitter Kiev sont (...) irresponsables et totalement injustifiés", a réagi une porte-parole du Foreign Office britannique dans un communiqué.
La Russie a promis que, pendant la trêve, les tirs russes seraient "complètement" interrompus le long de la ligne de front ainsi que contre les infrastructures militaires situées plus loin à l'intérieur du territoire ukrainien. Mais que si l'Ukraine ne suivait pas cet exemple, il y aurait une riposte.
Les Russes célèbrent chaque année, le 9 mai, la Journée de la Victoire par un grand défilé militaire sur la place Rouge.
L'Ukraine, quant à elle, célèbre désormais la fin de la Deuxième Guerre mondiale le 8 mai, comme les pays occidentaux.
Ces dernières semaines, l'armée ukrainienne, qui a renforcé ses capacités en matière de drones, a intensifié ses frappes sur Moscou et en profondeur sur le sol russe, atteignant des cibles situées à des centaines de kilomètres de l'Ukraine.
La Russie a annoncé qu'il n'y aurait pas d'équipements militaires lors du défilé du 9-Mai à Moscou, pour la première fois en près de 20 ans.
Le nombre des invités étrangers a également diminué: seuls les dirigeants du Bélarus, de la Malaisie et du Laos assisteront à l'événement, outre ceux des deux républiques séparatistes géorgiennes soutenues par Moscou et non reconnues par l'ONU, selon le Kremlin.
Des coupures intermittentes d'internet jusqu'à samedi ont en outre été ordonnées par les autorités à l'échelle de la capitale russe.
Les pourparlers visant à mettre fin au conflit, devenu le plus sanglant en Europe depuis 1945, n'ont guère progressé et ont été reléguées au second plan par la guerre au Moyen-Orient.
Des discussions doivent néanmoins s'ouvrir jeudi à Miami, en Floride, entre négociateurs ukrainiens et américains. Ces échanges visent à faire progresser "la libération des prisonniers" ukrainiens détenus en Russie et à favoriser "la relance du processus diplomatique", selon Volodymyr Zelensky, qui a envoyé aux Etats-Unis son négociateur Roustem Oumerov.
I.Lang--FFMTZ