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Cancer du sein avant 40  ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée / Photo: ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP/Archives

Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée

Chaque année en France, plus de 3.000 femmes de moins de 40 ans apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein, le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes. A cet âge, quelles particularités revêt cette maladie? Quelles sont ses conséquences sociales et professionnelles?

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Quelles spécificités ?

Sur plus de 61.000 nouveaux cas de cancers du sein diagnostiqués chaque année en France, environ 5% concernent des femmes de moins de 40 ans, selon l'Institut Curie.

Ces cancers sont généralement plus agressifs, et un jeune âge constitue un facteur de pronostic moins favorable, pour plusieurs raisons.

Le dépistage organisé cible les 50-74 ans or les cancers du sein des femmes jeunes sont "souvent découverts à un stade plus avancé, avec des tailles tumorales plus importantes et un envahissement ganglionnaire plus fréquent", pointe Curie.

Elles sont aussi plus fréquemment atteintes d'un cancer du sein triple négatif (22% contre 11% dans la population générale), plus difficile à traiter.

Et chez les femmes de moins de 40 ans, la proportion de cancers liés à des prédispositions génétiques est plus élevée (15% contre 5 à 7%).

"L'annonce du cancer du sein et de ses traitements, c'est un tsunami pour ces femmes jeunes", souligne Florence Coussy, gynécologue médicale et oncologue à Curie. Près de trois femmes jeunes sur quatre reçoivent ainsi une chimiothérapie, contre environ une sur trois après 60 ans.

Quel impact sur la fertilité?

"Une grossesse est possible après le cancer du sein", assure la Dre Coussy, mais "à distance des traitements".

Un projet de grossesse peut s'envisager "à peu près 18 mois après la fin des traitements" pour un cancer localisé. Mais "plus le risque est élevé, plus on va demander un petit décalage, donc passer à deux ans, parfois trois", précise Elie Rassy, oncologue à Gustave Roussy.

Egalement envisageable: "faire une pause d'hormonothérapie pour permettre une grossesse, et reprendre après, sans impacter le pronostic de ces jeunes femmes", note la spécialiste de Curie.

Et d'ajouter: "Les traitements du cancer du sein ne rendent pas infertiles": "la majorité des grossesses après cancer du sein sont des grossesses spontanées".

Pour préserver les chances d'une grossesse post-cancer, la congélation d'ovocytes ou d'embryons peut être proposée.

Quel retentissement sur la vie professionnelle ?

"Effets secondaires majeurs, avec notamment des symptômes semblables à ceux de la ménopause, difficultés à maintenir une vie professionnelle en parallèle à des soins longs et lourds", observe l'Institut Curie.

Globalement, 20% des personnes atteintes de cancer pâtissent de désinsertion professionnelle, principalement dans les deux ans suivant la fin des traitements.

"Une sensation de brouillard mental" due aux traitements, "pour quelqu'un qui est en pleine études universitaires ou commence une carrière, c'est très limitant", note le Dr Rassy.

Les contraintes sont également importantes "pour une jeune maman qui vit seule ou n'est pas bien entourée": "Il faut qu'elle prenne des jours +off+ du boulot pour aller faire ses traitements. Et qui va s'occuper de ses petits quand elle est malade?".

Si la patiente reçoit une chimiothérapie et une radiothérapie, traitements lourds nécessitant des déplacements, cela implique environ 6-7 mois de traitements.

Une incidence en hausse?

Le niveau d'incidence du cancer du sein à apparition précoce a augmenté de manière continue en France entre 1990 et 2023, de 1,5% en moyenne annuelle chez les femmes de 30 ans et de 0,9% chez celles de 40 ans, selon une étude en octobre 2025.

Même tendance par sous-groupes d'âge: des taux en hausse constante chez les 30-34 ans et 35-40 ans.

"Les changements concernant les facteurs hormonaux pourraient ne pas suffire à expliquer cette augmentation", observait l'étude. Des facteurs génétiques ou épigénétiques, ainsi que l’influence de facteurs environnementaux pourraient aussi influer.

Vers un dépistage plus précoce?

En France, la Haute Autorité de santé (HAS) évalue actuellement l'opportunité d’abaisser l’âge du dépistage organisé de 50 à 45 ans et de l’étendre aux femmes de 75 à 79 ans.

L'idée d'un dépistage basé sur le risque individuel fait aussi son chemin comme le suggère la Cour des comptes.

Une étude clinique internationale (MyPeBS pour My Personal Breast Screening), financée par l'Union européenne et menée dans six pays (Belgique, Espagne, France, Israël, Italie, Royaume-Uni), vise à évaluer l'efficacité et la faisabilité d’un dépistage personnalisé chez des femmes de 40 à 70 ans. Résultats attendus fin 2027.

Z.Paulsen--FFMTZ