Moyen-Orient: vent d'optimisme sur les marchés mondiaux avec l'espoir d'un accord, le pétrole plonge
Les marchés mondiaux sont transportés mercredi par l'espoir d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran, ramenant les prix du brut autour des 100 dollars le baril et dopant les Bourses.
L'enthousiasme des marchés s'appuie sur la dégringolade des prix du pétrole, qui oscillent désormais autour du seuil symbolique des 100 dollars avec la perspective de la réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de l'offre mondiale.
Vers 14H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, cédait 6,36% à 102,88 dollars, peu après avoir dégringolé de plus de 10%. Le WTI américain retombait à 96,12 dollars le baril (-6,01%).
Augmentant d'un coup la pression sur l'Iran, Donald Trump a menacé mercredi de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si les dirigeants iraniens ne concluaient pas d'accord avec les Etats-Unis. Le président américain et son administration cherchent une issue à ce conflit impopulaire auprès de l'opinion publique.
Selon le site américain Axios, "deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées".
Les États-Unis attendraient des réponses de Téhéran dans les 48 prochaines heures.
"Il s'agit sans doute du moment où les deux parties se sont le plus rapprochées d'une résolution depuis le début du conflit, et même en l'absence d'un accord entièrement détaillé, les progrès vers un cadre de désescalade suffisent à modifier la manière dont le risque est évalué" sur les marchés, souligne Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis et Israël a déclaré mercredi avoir "bon espoir" que la dynamique actuelle dans le détroit d'Ormuz conduise à la paix au Moyen-Orient.
Donald Trump avait déjà annoncé mardi la suspension de son "projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si un accord pouvait être "finalisé" avec l'Iran, après de "grands progrès", selon lui, en vue d'une reprise des négociations.
- Les Bourses mondiales enthousiastes -
L'évolution de la situation au Moyen-Orient a conduit à "une réaction classique d'appétit pour les actifs risqués", comme les actions, souligne Daniela Hathorn.
"Les actions, en particulier en dehors des États-Unis (...) bénéficient de la réduction de la prime de risque géopolitique, prolongeant la hausse renforcée par la récente saison des résultats", explique-t-elle.
Vers 14H00 GMT, en Europe, l'indice du CAC 40 à Paris progressait de 2,89% tandis que le DAX à Francfort prenait 1,89%. Londres (+2,10%) et Milan (+2,05%) confirmaient l'appétit renouvelé des investisseurs pour l'achat de titres et la prise de risques.
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones gagnait 0,92%, l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 1,01% et l'indice élargi S&P 500 avançait de 0,78%.
Ce marché américain dopé par l'intelligence artificielle digère par ailleurs une information de taille: Elon Musk prévoit d'investir au moins 55 milliards de dollars dans son projet d'usine de puces pour l'IA, selon un avis public publié mercredi par un comté du Texas aux Etats-Unis, où l'usine doit être construite.
Le vent de l'optimisme avait déjà soufflé plus tôt dans la matinée sur l'Asie, où l'indice Kospi à Séoul s'est envolé (+6,45%), avec Samsung qui entre dans le club feutré de la douzaine de géants de la tech dépassant les 1.000 milliards de capitalisation boursière.
- Détente sur le marché des taux -
La détente s'observait également sur le marché de la dette des Etats, avec une baisse des rendements obligataires "à mesure que les inquiétudes inflationnistes liées à l'énergie commencent à s'atténuer", note Daniela Hathorn.
Le rendement du "Bund", le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, repassait sous le seuil des 3% (2,99%) contre 3,06% la veille. Le recul de son équivalent français était tout aussi net (3,61% contre 3,71% la veille).
N.Wolf--FFMTZ