Damas rouvre sa frontière avec la Jordanie après les frappes de lundi
La Syrie a annoncé rouvrir mercredi son principal poste-frontière avec la Jordanie, qu'elle avait fermé après des frappes mortelles lundi de ce pays sur son territoire.
Ces frappes, qui d'après Amman ont visé des jihadistes après une attaque contre une église vendredi dans le sud de la Jordanie, ont fait sept morts dans des localités frontalières, selon Damas.
La Syrie, qui a dénoncé une "violation inacceptable" de son espace aérien, avait fermé en réponse le poste-frontière de Nassib, principal point de passage entre les deux pays.
Dès mardi soir, les deux capitales ont toutefois exprimé leur volonté de préserver leurs bonnes relations.
En conséquence, l'Autorité générale syrienne des ports et des douanes a annoncé dans la nuit "le retour à la normale du trafic de passagers et de marchandises via le poste-frontière de Nassib avec le Royaume hachémite de Jordanie, à compter du mercredi 28 octobre 2026 au matin", selon un communiqué à l'agence officielle Sana.
Les frappes jordaniennes en Syrie de lundi constituent le plus grave épisode de tensions entre les deux pays depuis l'arrivée au pouvoir à Damas d'une coalition islamiste qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024.
Selon le ministre jordanien des Télécommunications, Mohamed al-Momni, elles ont coûté la vie à "plus de 20 combattants de Daech", acronyme en arabe du groupe Etat islamique (EI), et détruit "un important dépôt d'armes".
Les autorités syriennes ont, elles, fait état de cinq morts parmi lesquels trois enfants dans un hameau isolé de la province méridionale de Deraa, frontalière de la Jordanie, ainsi que deux personnes tuées dans deux autres localités.
La Jordanie a dit avoir ciblé des groupes jihadistes qui seraient liés à l'attaque sans précédent perpétrée vendredi contre des chrétiens dans le sud du royaume. Neuf personnes avaient été tuées et 25 blessées lors de funérailles dans une église orthodoxe grecque.
- "Profond respect" -
Le ministère syrien des Affaires étrangères a publié mardi soir un communiqué conjoint indiquant que lors d'un entretien téléphonique les chefs de la diplomatie des deux pays, le Syrien Assaad al-Chaibani et le Jordanien Ayman Safadi, avaient souligné "l'importance de la coopération" bilatérale pour "contrer le terrorisme".
Les deux responsables sont également convenus de "créer un comité sécuritaire conjoint".
Le ministre Momni, également porte-parole du gouvernement jordanien, s'était déjà auparavant employé à désamorcer la tension, en assurant la Syrie et "son peuple frère" du "profond respect" de son pays. Il a déclaré "regretter" que l'opération ait fait des victimes civiles.
Le roi Abdallah II de Jordanie avait promis de réagir avec fermeté à l'attaque contre l'église.
Amman avait annoncé lundi l'arrestation des trois assaillants présumés, des Jordaniens qui avaient pris la fuite après l'attaque, affirmant qu'ils étaient liés à des groupes extrémistes dans le sud syrien.
L'EI contrôlait de vastes portions du territoire syrien avant d'être vaincu en 2019. Mais il continue d'y revendiquer épisodiquement des attaques contre les forces gouvernementales.
La Jordanie avait déjà mené par le passé des frappes sur le sud de la Syrie, disant viser des trafiquants d'armes ou de drogue.
I.Lang--FFMTZ