Frankfurter Tageszeitung - Après un discours offensif à l'Elysée, le pape Léon arrive à l'Unesco

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Après un discours offensif à l'Elysée, le pape Léon arrive à l'Unesco
Après un discours offensif à l'Elysée, le pape Léon arrive à l'Unesco / Photo: Teresa SUAREZ - POOL/AFP

Après un discours offensif à l'Elysée, le pape Léon arrive à l'Unesco

Le pape Léon XIV est arrivé vendredi à l'Unesco, où il va s'exprimer pour la deuxième fois depuis son arrivée en France, après s'être montré offensif à l'Elysée sur la laïcité, les dangers de l'intelligence artificielle et la fin de vie, tandis que les fidèles ont commencé à se rassembler pour l'acclamer lors de sa déambulation à travers Paris.

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Invité à intervenir devant l'Organisation de l'ONU pour la culture, l'éducation et la science, le souverain pontife pourrait renouveler son appel à réguler l'IA, dans un contexte d'inquiétude croissante sur les dérives possibles des algorithmes.

Un sujet que Léon XIV a déjà évoqué à l'Elysée, lors du premier discours de son voyage de quatre jours à Paris, Lourdes et Metz.

Appelant devant le président français Emmanuel Macron à développer un "discernement éthique" sur le sujet, il a alerté sur le risque de perdre "notre humanité au milieu du +paradis de machines+ qui envahissent et conditionnent notre quotidien".

 

Très attendu pour son premier voyage en France, Léon XIV a d'emblée abordé les questions bioéthiques, dénonçant les "manipulations génétiques", la "gestation pour autrui", l'"achat d'organes" et "l'offre d'une mort programmée", qu'il a présentés comme des "dérives" qui risquent "de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives". Le Parlement français a adopté il y a deux mois une loi créant un droit à l'"aide à mourir", fortement combattue par l'Église.

"La juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public", a-t-il également déclaré, en français, dans la salle des fêtes de l'Elysée bondée, où il a été longuement applaudi.

Auparavant, Emmanuel Macron a affirmé que la "laïcité française" n'est "nullement la négation de la religion", assurant que la République française combat la "recrudescence" des "insupportables" actes antireligieux, qui "frappent la religion chrétienne" et dont "les communautés juives et musulmanes sont aussi victimes"

- "Une chance" -

Après son discours à l'Unesco, Léon XIV, pour qui les cloches des églises de France ont sonné sept minutes à son arrivée vendredi matin, prendra son premier bain de foule, sur 2,5 km en papamobile dans le centre de Paris, où le public commençait à se rassembler.

"Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai très hâte de le voir, je suis très heureuse de l'accueillir", a déclaré Isabelle Bourdon, 67 ans, estimant que ce pape "dit des choses réconfortantes".

Parmi les premiers à avoir pris place le long des barrières en face du Panthéon, Anne, cheftaine chez les scouts d'Europe juge "naturel d'être ici". "Ce n'est pas notre idole, ce n'est pas comme aller voir Céline Dion en concert par exemple, c'est un guide pour nous qui délivre un message de paix dont on a bien besoin dans le monde d'aujourd'hui", a expliqué la trentenaire, chemise bleue et foulard noué autour du cou.

Venu la veille des Vosges, Jérémy Schott, technicien de 38 ans, considère comme "une chance" de "voir le pape en personne et la papamobile, dans mon pays".

"Je voyage en France comme ailleurs dans le monde en tant que disciple de Jésus-Christ, souhaitant proclamer la paix, la paix du Christ dans le monde entier", a déclaré le pape à bord de l'avion entre Rome et Paris.

Interrogé pendant ce trajet sur le regain de spiritualité catholique en France où les baptêmes sont en hausse, Léon XIV s'est félicité de cette "soif spirituelle". A l'Elysée, il a par ailleurs rappelé "ses origines familiales normandes et béarnaises".

- Sécurité draconienne -

Léon XIV célébrera ensuite à 17H15 des vêpres à Notre-Dame, devenant le premier pape à s'y rendre depuis la réouverture de la cathédrale en décembre 2024.

Dans la soirée, une grande veillée de prière devrait réunir 80.000 jeunes au Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, pour un programme mêlant pop-louange, échanges avec le pape et exposition de la "sainte tunique du Christ", relique conservée à Argenteuil(Val-d'Oise).

Cette visite en trois étapes - Paris, Lourdes et Metz - mobilise une sécurité draconienne, avec des chiffres éloquents: 17.000 bénévoles, 15.000 policiers et gendarmes, 2.500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros.

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Q.Zimmermann--FFMTZ